Grossesse : il faut limiter la supplémentation en fer
Actualité publiée dans "Santé et enfance" le 17/07/2012
Une nouvelle étude française, publiée dans la revue Cochrane, révèle que pour prévenir l'anémie chez les femmes enceintes, la prise de suppléments de fer n'est pas nécessaire tous les jours. Une à trois prises par semaine suffiraient.

L'anémie pendant la grossesse
Le manque de fer peut causer de l'anémie chez les femmes enceintes, ce qui augmente potentiellement le risque d'accouchements prématurés et de complications. Manquer de fer peut aussi être néfaste pour le bébé, qui risque de naître avec un faible poids.
Généralement, l'anémie pendant la grossesse est soignée par des suppléments quotidiens contenant du fer et de l'acide folique prescrit par les gynécologues. Néanmoins, certains pays, comme le Royaume-Uni, ne recommandent pas de suivre une prise de supplémentation en fer quotidienne à toutes les femmes.
Dans le but de vérifier l'intérêt de ces prises de suppléments de fer, des chercheurs français ont analysé les données de 18 études incluant au total 4 072 femmes enceintes qui prenaient des suppléments de fer avec de l'acide folique ou des suppléments de multivitamines et de minéraux.
Des prises de suppléments de fer à limiter
Les résultats font apparaître que les femmes qui prenaient uniquement du fer une, deux ou trois fois par semaine et jamais deux jours de suite, avaient moins de risque que les autres de souffrir d'anémie au terme de leur grossesse, et que leur bébé n'avait pas plus de risque de naître prématurément ou d'avoir un petit poids à la naissance.
Les auteurs de l'étude ont également montré que les femmes ont connu moins d'effets secondaires pendant la grossesse en ne prenant pas une dose quotidienne. Par exemple, ces dernières avaient moins de nausées.
Selon les chercheurs, « la prise intermittente de compléments en fer est une alternative envisageable à la supplémentation quotidienne pour prévenir l'anémie pendant la grossesse, notamment dans les pays développés où l'anémie gestationnelle n'est pas un problème de santé publique et où les soins prénatals sont de bonne qualité ».
Les chercheurs précisent cependant que d'autres travaux sont nécessaires afin de définir clairement les doses de fer nécessaires et comportant le moins d'effets secondaires pour les femmes enceintes.
En France, les prescriptions de fer se font cas par cas et rarement en début de grossesse, mais le plus souvent à partir du 4e mois.